Le Ghana a lancé un fonds destiné à financer durablement l’enseignement agricole, la formation professionnelle et l’innovation. Doté initialement de 3,5 millions de cedis, le mécanisme ambitionne de mobiliser 100 millions de cedis d’ici fin 2028.
Le Ghana veut renforcer les compétences nécessaires à la modernisation de son agriculture. Le ministre de l’Alimentation et de l’Agriculture, Eric Opoku, a lancé le Ghana Agriculture Fund for Education and Transformation (GAFET), un fonds consacré à la formation, à la recherche et au développement du capital humain dans le secteur agricole.
Le mécanisme démarre avec un financement initial de 3,5 millions de cedis apporté par cinq entreprises de l’agrobusiness. Son premier objectif est d’atteindre 10 millions de cedis d’ici décembre 2026, avant de porter ses ressources à 100 millions de cedis à la fin de l’année 2028.
Contrairement à une subvention ponctuelle, le GAFET doit progressivement fonctionner comme un fonds de dotation. Son capital sera préservé, tandis que les revenus générés par ses placements serviront à financer les programmes retenus.
21 établissements agricoles concernés
Le fonds doit soutenir 21 établissements d’enseignement et de formation agricole, dont cinq collèges spécialisés ainsi que 16 universités et universités techniques.
Les financements seront orientés vers la rénovation des laboratoires et des ateliers, l’aménagement de fermes de démonstration, l’achat de machines modernes et le développement d’outils numériques d’apprentissage.
Le GAFET prévoit également de financer des bourses, des stages, des immersions professionnelles, la recherche appliquée, l’innovation agricole et la formation des enseignants.
Cette intervention répond à un déficit de financement estimé à 12 millions de cedis par an pour les établissements agricoles. Selon les données présentées par le ministère, l’agriculture représente environ 22 % du produit intérieur brut du Ghana, mais seulement 2 % des étudiants de l’enseignement supérieur suivent des formations liées à ce secteur.
Rapprocher la formation des besoins des entreprises
Le gouvernement cherche également à réduire l’écart entre les enseignements dispensés et les compétences recherchées par les exploitations agricoles et les entreprises de l’agro-industrie.
La formation pratique, la mécanisation, l’irrigation, l’agriculture numérique et l’entrepreneuriat doivent ainsi occuper une place plus importante dans les parcours proposés aux étudiants.
Le ministre Eric Opoku a appelé les banques, les fonds de pension, les compagnies d’assurance, les entreprises agricoles, les partenaires au développement et les organisations philanthropiques à contribuer au fonds.
Le GAFET doit être administré à travers un dispositif comprenant un conseil de gouvernance, un gestionnaire de fonds agréé, une banque dépositaire et un auditeur externe indépendant. À terme, les autorités souhaitent en faire une institution permanente encadrée par la loi et placée sous la supervision politique du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture.
L’initiative constitue l’un des volets consacrés au capital humain du programme gouvernemental Feed Ghana. Elle complète les efforts engagés pour améliorer la productivité, développer les chaînes de valeur agricoles et créer davantage d’emplois dans l’agriculture.









