Le Nigeria a lancé une nouvelle politique nationale destinée à développer ses infrastructures cloud et ses centres de données. Abuja veut mobiliser 250 millions de dollars durant la première année, puis porter les investissements privés à 750 millions de dollars sur 24 mois.
Le gouvernement nigérian veut accélérer le développement de ses capacités de stockage, de traitement et d’hébergement des données. Présentée le 17 août 2026 par le ministère des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, la Politique nationale du cloud numérique fixe un objectif de 750 millions de dollars d’investissements privés sur deux ans.
Cette somme ne correspond pas à des financements déjà obtenus. Il s’agit d’une cible inscrite dans la feuille de route gouvernementale. La première étape prévoit la mobilisation de 250 millions de dollars au cours des douze premiers mois, avant une montée en puissance des investissements dans les centres de données, les infrastructures cloud, la connectivité et les capacités de calcul nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.
À travers cette politique, le Nigeria cherche à passer du statut de consommateur de services cloud principalement hébergés à l’étranger à celui de pôle régional capable d’accueillir des infrastructures, de traiter des données et d’exporter des services numériques vers d’autres marchés africains.
Le dispositif prévoit également de renforcer l’approche « Cloud First » au sein des ministères, départements et agences fédérales. Les besoins numériques des administrations devront être regroupés afin de réduire les investissements redondants, améliorer la coordination des achats publics et favoriser le développement d’infrastructures partagées.
La mise en œuvre sera répartie entre plusieurs institutions. La National Information Technology Development Agency assurera la réglementation, la définition des normes et le contrôle de conformité. L’entreprise publique Galaxy Backbone sera chargée des infrastructures mutualisées et de l’exécution opérationnelle, tandis que le Bureau of Public Procurement veillera au respect des règles de commande publique.
La feuille de route prévoit une première phase de six mois consacrée à l’activation de la politique, aux évaluations de référence et à l’organisation institutionnelle. Entre le sixième et le douzième mois, le gouvernement compte lancer une plateforme numérique nationale, commencer la migration de certaines administrations vers le cloud et intégrer les fournisseurs agréés. La deuxième année sera notamment consacrée à l’extension des capacités d’hébergement et au développement des exportations de services numériques.
La politique maintient un marché ouvert aux opérateurs nigérians et internationaux. Elle n’impose pas une localisation générale des données commerciales, mais prévoit des exigences particulières pour certaines données gouvernementales ou réglementées jugées sensibles.
Pour le ministre Bosun Tijani, cette stratégie doit faire du Nigeria un territoire d’accueil pour les investissements dans le cloud, les centres de données, les compétences technologiques et les services numériques. Sa réussite dépendra toutefois des capitaux effectivement engagés, des infrastructures construites et de la capacité des administrations à réaliser leur migration dans le calendrier annoncé.









