En Guinée, les initiatives destinées aux entrepreneurs se multiplient, mais leur coordination reste encore insuffisante. Plusieurs structures interviennent parfois sur les mêmes segments, tandis que certains besoins demeurent peu ou pas couverts. C’est à cette problématique que veut répondre le Réseau des Structures d’Accompagnement à l’Entrepreneuriat, officiellement lancé jeudi 8 octobre 2026 à l’Hôtel Palm Camayenne de Conakry.
La cérémonie a réuni des représentants des pouvoirs publics, des structures d’accompagnement, du secteur privé, des institutions financières ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Amadou Oury Barry appelle à mutualiser les expertises
Président entrant du RéSAE, Amadou Oury Barry a présenté la vision et les principales orientations du réseau. Celui-ci entend fédérer les structures d’accompagnement, renforcer leur collaboration et mobiliser davantage de ressources au bénéfice des entrepreneurs.

Au-delà de la mise en réseau, le RéSAE veut encourager la mutualisation des expertises et la professionnalisation des pratiques. L’objectif est de permettre aux entrepreneurs de bénéficier d’un accompagnement plus cohérent à chaque étape de leur développement notamment l’idéation, la création, la formalisation, la structuration, le financement et l’accès au marché.
Cette coordination doit également faciliter l’orientation des porteurs de projets. Un entrepreneur pourrait ainsi être dirigé vers la structure la mieux adaptée à son secteur, à son niveau de maturité et à ses besoins spécifiques, au lieu de naviguer seul entre plusieurs programmes parfois similaires.
Bamba Oliano : éviter les doublons et mesurer les résultats
Présidant la cérémonie au nom du ministre de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma, le secrétaire général du département, Bamba Oliano, a réaffirmé l’engagement des pouvoirs publics en faveur d’un accompagnement adapté aux réalités des entrepreneurs et des PME.

Il a notamment appelé les différentes structures à renforcer leur coordination afin d’éviter les chevauchements, d’améliorer la complémentarité des interventions et de prendre en charge les besoins encore insuffisamment couverts.
Pour le représentant du ministère, l’accompagnement ne doit pas s’arrêter à la création de l’entreprise. Il doit couvrir sa structuration, son développement et son accès au financement comme aux marchés.
Bamba Oliano a également attiré l’attention sur la nécessité de disposer de données fiables. Celles-ci devront permettre de mesurer la pérennité des entreprises accompagnées, leur progression ainsi que leur contribution à la création d’emplois.
Cette orientation introduit un enjeu central pour l’écosystème ; celui de passer du décompte des participants formés à une véritable évaluation des résultats obtenus par les entrepreneurs après leur accompagnement. Le ministère a publiquement confirmé ces priorités à l’occasion du lancement.
Enabel confirme son soutien à l’écosystème
Directeur pays et représentant résident d’Enabel en Guinée, Saïd Karmaoui a réaffirmé l’importance de renforcer l’écosystème entrepreneurial guinéen ainsi que le soutien de la coopération belge aux actions du RéSAE.

Cet appui est notamment apporté à travers le projet FIERE, qui accompagne la structuration et la professionnalisation des acteurs intervenant auprès des entreprises.
La participation d’Enabel donne au réseau un partenaire technique susceptible de contribuer au renforcement des capacités de ses membres, à la mise en place d’outils communs et au développement de collaborations entre les différentes structures. Enabel Guinée a également confirmé le rôle des principaux intervenants et l’appui du projet FIERE dans cette dynamique.
Bilia Bah retrace la construction du réseau
Intervenant sur l’historique du RéSAE, Bilia Bah, président sortant et actuel directeur général des industries culturelles et créatives, est revenu sur les différentes étapes ayant conduit à sa création, à sa structuration puis à son lancement officiel.

Cette présentation a permis de rappeler que le réseau résulte d’un processus progressif de concertation entre les structures d’accompagnement. Son lancement marque ainsi le passage d’une dynamique de collaboration à une organisation appelée à porter une vision commune et à représenter les intérêts du secteur.
Une plateforme numérique en préparationLa cérémonie a également été marquée par la présentation d’une plateforme numérique actuellement en cours de développement.
Cet outil devrait favoriser la mise en relation des acteurs, le partage de ressources et la visibilité des programmes d’accompagnement. Il pourrait également devenir un point d’entrée pour les entrepreneurs à la recherche d’un incubateur, d’une formation, d’un mentor, d’un financement ou d’une possibilité d’accès au marché.
Des satisfecit ont par ailleurs été remis aux partenaires et aux personnes ayant contribué à la construction du réseau.
Avec son lancement officiel, le RéSAE veut devenir un interlocuteur majeur de l’écosystème entrepreneurial guinéen et un cadre permanent de dialogue entre structures d’accompagnement, pouvoirs publics, institutions financières, secteur privé et partenaires au développement.
Le réseau ouvre ainsi une nouvelle phase de son développement, avec pour ambition de transformer la collaboration entre les acteurs en solutions plus accessibles, mieux coordonnées et davantage orientées vers les résultats.










