La Société nationale des hydrocarbures et le groupe américain Murphy Oil ont achevé une nouvelle séquence de négociations portant sur quatre blocs du bassin de Douala-Kribi-Campo. Les contrats de partage de production pourraient être signés dans les deux prochains mois, avant le lancement des programmes d’exploration.
Le Cameroun franchit une nouvelle étape dans la relance de son exploration pétrolière et gazière. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) et Murphy Oil Corporation ont tenu, les 20 et 21 août 2026 à Yaoundé, des négociations consacrées à quatre blocs attribués à la filiale Murphy West Africa.
Les travaux ont été conduits, pour la partie camerounaise, par Nathalie Moudiki, conseillère à la SNH et vice-présidente de la Commission permanente de négociation des contrats pétroliers et gaziers. La délégation de Murphy Oil était dirigée par Simon Payne, vice-président du groupe américain.
Au terme des échanges, les deux parties ont signé un procès-verbal consignant les avancées réalisées. D’après les informations communiquées par la SNH, les conclusions serviront de base à la finalisation des contrats de partage de production, dont la signature est envisagée dans un délai de deux mois.
Quatre blocs attribués à Murphy Oil
Les négociations portent sur Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem. Ces quatre périmètres sont situés dans le bassin de Douala-Kribi-Campo, qui regroupe plusieurs actifs pétroliers et gaziers camerounais.
Murphy West Africa avait été retenue à l’issue de l’appel international à manifestation d’intérêt lancé par la SNH le 1er août 2025. La procédure concernait neuf blocs disponibles répartis entre les bassins de Douala-Kribi-Campo et du Rio del Rey.
Les résultats publiés le 24 avril 2026 avaient conduit à la sélection de deux opérateurs pour cinq blocs : quatre pour Murphy West Africa et le bloc Bolongo Exploration pour Octavia Energy.
Le titre de l’article source évoque cinq blocs concernés par les discussions avec Murphy Oil. Les informations détaillées de la SNH établissent cependant que le groupe américain négocie pour quatre blocs. Le cinquième, Bolongo Exploration, fait l’objet d’un contrat distinct avec Octavia Energy.
Des contrats qui encadreront les investissements
Les futurs contrats de partage de production devront préciser les engagements techniques et financiers de Murphy Oil, le programme minimal de travaux ainsi que les conditions économiques applicables en cas de découverte.
Dans ce type de contrat, les hydrocarbures restent la propriété de l’État. L’entreprise partenaire finance et assume les risques liés aux opérations d’exploration. Si une découverte commercialement exploitable est réalisée, les modalités de récupération des coûts et de partage de la production sont appliquées conformément aux dispositions négociées.
À ce stade, la SNH n’a pas communiqué le montant des investissements attendus, le nombre de puits à forer, le calendrier détaillé des travaux ni les paramètres économiques des futurs contrats.
La signature des accords ne signifiera pas non plus une entrée immédiate en production. Les opérateurs devront d’abord analyser les données existantes, mener des études géologiques et géophysiques, engager éventuellement des campagnes sismiques et procéder aux forages exploratoires.
Une découverte devra ensuite être évaluée avant toute décision finale d’investissement et tout développement commercial.
Le bloc Bolongo confié séparément à Octavia Energy
La procédure avec Murphy Oil intervient après la signature, le 14 août 2026, du contrat relatif au bloc Bolongo Exploration avec Octavia Energy.
Situé dans le bassin du Rio del Rey, ce périmètre maritime couvre 381,56 km². Le programme annoncé représente 41 millions de dollars d’investissements sur une période maximale de sept ans.
Les trois premières années doivent être consacrées au retraitement des données sismiques et aux études géologiques et géophysiques. Deux périodes supplémentaires de deux ans prévoient chacune le forage d’un puits d’exploration.
Le Cameroun cherche à renouveler ses réserves
Cette offensive intervient alors que le pays doit faire face au vieillissement de plusieurs champs historiques. Selon les données de la SNH relatives au cycle de licences, la production nationale s’est établie à environ 19,8 millions de barils de pétrole brut en 2025.
L’Institut national de la statistique a par ailleurs fait état d’un recul de 15,6 % des volumes de brut exportés en 2025. Combinée à la baisse des prix, cette contraction aurait entraîné une diminution de 29,6 % des recettes d’exportation pétrolières, ramenées à 705,6 milliards FCFA.
L’arrivée de Murphy Oil et d’Octavia Energy constitue donc un signal d’intérêt pour le domaine pétrolier camerounais. Mais les effets sur les réserves, la production et les recettes publiques dépendront des résultats des forages. En matière d’exploration, la signature d’un contrat ouvre une possibilité ; elle ne garantit jamais une découverte commerciale.









