L’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria dominent le classement 2026 des écosystèmes africains de startups technologiques. Le Cap-Vert réalise une percée remarquée, tandis que la Tunisie affiche la plus forte progression annuelle du Top 10.
Quels pays africains offrent actuellement les environnements les plus favorables au développement des startups technologiques ? La neuvième édition du Global Startup Ecosystem Index, publiée par StartupBlink, apporte de nouveaux éléments de réponse.
Le classement 2026 analyse plus de 1 500 villes réparties dans 120 pays. Il évalue la performance des écosystèmes à partir de trois grands critères : la quantité de startups et d’acteurs présents, la qualité des entreprises et des résultats obtenus, ainsi que l’environnement des affaires.
L’indice prend notamment en compte la densité de l’activité entrepreneuriale, l’impact des startups, les financements mobilisés et les conditions permettant aux jeunes entreprises de se créer et de se développer.
Le Top 10 africain des écosystèmes de startups
1- Afrique du Sud
2- Kenya
3- Nigeria
4- Égypte
5- Cap-Vert
6- Tunisie
7- Maurice
8- Ghana
9- Maroc
10- Namibie
L’Afrique du Sud conserve la première place
L’Afrique du Sud reste le premier écosystème technologique du continent. Le pays occupe la 52e place mondiale, avec un score de 5,156 et une croissance annuelle de 31,3 %.
Cette position repose notamment sur un marché de capitaux plus développé, une concentration importante de talents technologiques et la présence de plusieurs pôles d’innovation. StartupBlink confirme la première place sud-africaine sur le continent.
Le Kenya arrive en deuxième position africaine et à la 61e place mondiale. Malgré une légère contraction annuelle de 0,2 %, le pays conserve son rôle de principal écosystème d’Afrique de l’Est.
Le Nigeria complète le podium continental. Classé 62e au niveau mondial, il affiche une croissance annuelle de 31,8 %. Il demeure également le premier écosystème de startups en Afrique de l’Ouest, devant le Cap-Vert. Le classement StartupBlink du Nigeria met notamment en avant la place de la fintech et de Lagos dans cette dynamique.
L’Égypte au pied du podium
L’Égypte occupe la quatrième place africaine et la 65e position mondiale, avec un score de 2,232. Le pays conserve la tête du classement en Afrique du Nord.
Son écosystème est notamment porté par Le Caire, la progression des paiements numériques, l’émergence de startups régionales et la présence d’entreprises technologiques capables de mobiliser des financements importants. StartupBlink classe l’Égypte au premier rang en Afrique du Nord.
Le Cap-Vert crée la surprise en Afrique de l’Ouest
Avec la cinquième place africaine et la 74e position mondiale, le Cap-Vert réalise l’une des performances les plus remarquées du classement.
Son score de 1,370 et sa progression annuelle de 31,3 % lui permettent de devenir le deuxième écosystème d’Afrique de l’Ouest, derrière le Nigeria. Le pays devance ainsi des marchés beaucoup plus peuplés comme le Ghana et le Sénégal. StartupBlink confirme également la deuxième place régionale du Cap-Vert.
Cette performance rappelle qu’un marché intérieur limité ne condamne pas nécessairement un écosystème. Une orientation internationale, des infrastructures numériques adaptées et un environnement favorable peuvent permettre à de petites économies de construire un positionnement technologique compétitif.
La Tunisie signe la plus forte croissance du Top 10
La Tunisie se classe sixième en Afrique et 84e au niveau mondial. Avec une progression annuelle de 36,6 %, elle enregistre la croissance la plus élevée parmi les dix premiers pays africains.
Maurice suit à la septième place africaine et à la 85e position mondiale. Son écosystème compte au moins 28 startups recensées par StartupBlink et conserve sa deuxième place en Afrique de l’Est, derrière le Kenya.
Le Ghana, le Maroc et la Namibie complètent le Top 10. Le Maroc affiche une progression annuelle de 30,7 %, confirmant la montée en puissance de ses pôles technologiques et de son environnement entrepreneurial.
Le Sénégal, l’Ouganda et le Rwanda dans le Top 100 mondial
Trois autres pays africains figurent parmi les 100 premiers écosystèmes mondiaux :
– l’Ouganda, 96e mondial, avec un score de 0,620 ;
– le Sénégal, 97e, avec un score de 0,558 ;
– le Rwanda, 100e, avec un score de 0,425.
Avec la Tunisie, le Maroc et le Sénégal, trois pays francophones intègrent ainsi le Top 100 mondial. Le Cap-Vert, pays lusophone d’Afrique de l’Ouest, se distingue également par sa cinquième place continentale.
La Côte d’Ivoire progresse, mais reste hors du Top 100
La Côte d’Ivoire figure dans la catégorie des écosystèmes dits « prétendants ». Cette catégorie regroupe les pays ayant atteint une masse critique d’au moins 22 startups, mais dont le score demeure insuffisant pour intégrer les 100 premières places mondiales.
L’écosystème ivoirien aurait progressé de 17,3 % sur un an, pour atteindre une valorisation globale estimée à 473,5 millions de dollars.
Cette dynamique est principalement portée par Abidjan, seule ville ivoirienne présente parmi les 1 000 premiers hubs technologiques mondiaux. La capitale économique occupe la 575e place, malgré un recul de huit rangs.
Abidjan concentre une grande partie des startups, incubateurs et opérations de financement du pays. La fintech, la banque digitale et les solutions d’intégration des paiements mobiles constituent plusieurs moteurs de cette croissance.
D’autres écosystèmes africains en progression
L’Angola, l’Algérie, le Cameroun, l’Éthiopie, la Tanzanie et la Zambie apparaissent également parmi les écosystèmes africains susceptibles d’intégrer progressivement le Top 100.
L’Angola enregistre une croissance annuelle de 70,8 %, tandis que la valeur de son écosystème est estimée à 47,2 millions de dollars. L’Algérie progresse de 38,7 %, pour une valorisation annoncée de 2,9 milliards de dollars.
Le Cameroun affiche une croissance de 32,3 % et une valeur d’écosystème évaluée à 279,7 millions de dollars. L’Éthiopie atteint 1,1 milliard de dollars, contre 636,7 millions pour la Tanzanie et 621,1 millions pour la Zambie.
Pourquoi certains écosystèmes progressent-ils plus rapidement ?
Selon le rapport, plusieurs facteurs expliquent les performances des pays africains les mieux classés notamment le développement des paiements mobiles, l’adoption de cadres réglementaires dédiés aux startups, les incitations fiscales, l’accès au capital-amorçage et au capital-risque, la disponibilité des talents technologiques, les collaborations entre entreprises, startups et pouvoirs publics, l’ouverture sur les marchés régionaux et internationaux.
Les pays leaders combinent généralement un marché suffisamment profond, des infrastructures numériques accessibles, un cadre institutionnel relativement stable et des mécanismes permettant aux startups de lever des fonds.
Un potentiel encore largement sous-financé
Malgré les progressions enregistrées, l’écart entre les écosystèmes africains et les leaders mondiaux reste considérable.
L’Afrique du Sud, première du continent avec 5,156 points, reste loin des États-Unis, qui dominent le classement mondial avec un score de 314,096. Le Royaume-Uni occupe la deuxième place mondiale avec 80,114 points, devant Israël et ses 71,462 points.
Si le capital-amorçage se développe dans plusieurs pays africains, les financements de croissance, la dette destinée aux startups et les investissements institutionnels restent encore limités.
Pour les investisseurs, cette situation révèle néanmoins un important potentiel. De nombreuses entreprises technologiques africaines évoluent sur des marchés en croissance et répondent à des besoins concrets dans les paiements, la santé, l’éducation, l’agriculture, l’énergie et la mobilité.









