Le Burkina Faso intensifie la sécurisation de ses infrastructures numériques. Les autorités ont testé 205 plateformes de l’État, cartographié 1 460 plateformes en « .bf » accessibles sur Internet et renforcé la surveillance de 28 organismes publics.
Le Burkina Faso renforce son dispositif de protection des services publics numériques. Selon les données communiquées par le ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques, 205 plateformes numériques de l’État ont été soumises à des tests de sécurité menés par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information.
Ces évaluations doivent permettre d’identifier les vulnérabilités susceptibles d’être exploitées, puis d’accompagner les administrations concernées dans leur correction.
Les autorités ont parallèlement cartographié 1 460 plateformes utilisant le domaine « .bf » et exposées sur Internet. Cette opération ne signifie pas que tous ces sites ont subi un audit approfondi. Elle vise d’abord à mieux connaître les ressources numériques accessibles en ligne afin d’organiser leur surveillance et leur sécurisation.
Le dispositif comprend également la mise sous protection renforcée de 28 organismes publics, dans le cadre du chantier national consacré aux infrastructures numériques critiques. Ces structures bénéficient notamment de capacités de surveillance destinées à détecter plus rapidement les activités suspectes et les tentatives d’intrusion.
En 2025, le CSIRT national, chargé de la réponse aux incidents de cybersécurité, a accompagné 783 acteurs, selon le ministère. Son intervention couvre notamment la prévention, le traitement des incidents, l’assistance technique et la sensibilisation aux risques numériques.
Ces mesures interviennent alors que le Burkina Faso développe progressivement ses services publics en ligne. Cette transformation facilite les démarches administratives, mais augmente également le nombre de systèmes susceptibles d’être ciblés. Une faille peut provoquer une interruption de service, exposer des données ou servir de point d’entrée vers d’autres infrastructures publiques.
La menace dépasse les frontières nationales. Dans son évaluation publiée en juin 2025, INTERPOL indiquait que les infractions liées au numérique représentaient plus de 30 % des crimes signalés en Afrique de l’Ouest et de l’Est. Les escroqueries en ligne, les rançongiciels, les fraudes aux faux ordres de virement et l’extorsion numérique figuraient parmi les menaces les plus signalées.
La situation évolue également avec l’usage croissant de l’intelligence artificielle. D’après l’African Cyberthreat Assessment Report 2026, fondé notamment sur les réponses de 36 pays africains, l’IA facilite désormais 55 % des cybercrimes signalés sur le continent. Elle permet notamment d’automatiser la collecte d’informations, le phishing, l’usurpation d’identité, l’extorsion et certaines techniques d’évasion.
Pour le Burkina Faso, l’enjeu ne consiste donc plus seulement à numériser les services publics. Il s’agit désormais d’intégrer la sécurité à toutes les étapes de leur conception, de leur mise en ligne et de leur exploitation.










