La startup nigériane spécialisée dans les technologies de défense a obtenu 18 millions de dollars supplémentaires. Ce financement doit soutenir ses capacités industrielles au Nigeria et au Ghana ainsi que son expansion hors du continent.
Terra Industries franchit une nouvelle étape dans son développement. Fondée en 2024 par Nathan Nwachuku et Maxwell Maduka, l’entreprise nigériane annonce avoir mobilisé 18 millions de dollars supplémentaires, portant à 52 millions de dollars le montant total de son financement d’amorçage.
L’opération réunit plusieurs investisseurs déjà présents au capital, notamment 8VC, Silent Ventures, Nova Global, Belief Capital et SV Angel, rejoints par Norleo Space Investments. Elle intervient après une première levée de 11,75 millions de dollars menée par 8VC en janvier 2026, puis une extension de 22 millions conduite par Lux Capital en février.
La nouvelle valorisation de Terra n’a pas été communiquée. Son PDG avait toutefois indiqué que l’entreprise avait dépassé le seuil des 100 millions de dollars de valorisation lors de l’opération précédente.
Terra Industries conçoit des systèmes autonomes destinés aux gouvernements, aux forces armées et aux exploitants d’infrastructures stratégiques. Son portefeuille comprend notamment le drone à décollage et atterrissage verticaux Archer, le quadricoptère Iroko, la tour de surveillance Kallon et le drone intercepteur Kama.
L’entreprise affirme que ses technologies contribuent déjà à protéger près de 11 milliards de dollars d’actifs dans les secteurs pétrolier, minier et énergétique. Elle prévoit également de dépasser 100 millions de dollars de commandes d’ici fin 2026, sans toutefois dévoiler l’identité de la majorité des clients concernés.
Une partie des nouveaux capitaux sera investie dans Pax-2, sa future usine de drones située à Accra, au Ghana. Construite sur environ 3 160 mètres carrés, cette unité doit atteindre une capacité annuelle de 50 000 systèmes à l’horizon 2028. Elle viendra compléter le site industriel déjà exploité à Abuja.
L’enjeu sera désormais de faire évoluer simultanément les chaînes d’approvisionnement, les effectifs techniques et le portefeuille de contrats afin d’atteindre cette capacité de production.
Terra Industries prépare parallèlement l’ouverture de son premier bureau international à Londres. Des implantations sont également envisagées à San Francisco et Washington.
L’entreprise veut commercialiser ses technologies au-delà de l’Afrique, en ciblant notamment les pays du Golfe, l’Amérique du Sud et l’Asie du Sud. Elle cherche ainsi à devenir un fournisseur international de systèmes de défense conçus et fabriqués sur le continent.
Cette levée distingue Terra dans un écosystème africain où les financements majeurs restent largement concentrés sur la fintech et les services numériques. Elle traduit aussi l’intérêt grandissant des investisseurs pour la défense, la robotique et la fabrication technologique africaine.
La réussite de cette expansion dépendra toutefois de la capacité de Terra à convertir ses annonces de commandes en revenus, à livrer ses équipements à grande échelle et à maintenir sa production industrielle entre le Nigeria et le Ghana.










