Les autorités guinéennes resserrent les conditions d’exportation de l’or et des autres métaux précieux raffinés ou affinés. Selon les dispositions annoncées le 2 octobre 2026 sur les antennes de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG), les opérateurs devront désormais se conformer à une procédure associant plusieurs services de l’État.
Cette mesure s’inscrit dans le prolongement du décret D/2026/216/PRG/SGG du 8 juillet 2026, qui rend obligatoire le raffinage en Guinée de tout or produit sur le territoire national avant son exportation. Le texte définit l’or raffiné comme présentant un niveau de pureté compris entre 99,5 % et 99,99 %.
Avant toute demande d’exportation, l’or devra avoir été traité dans une raffinerie agréée et installée en Guinée. Les cargaisons devront notamment être accompagnées d’un certificat d’origine, d’un certificat d’analyse, d’une attestation de conformité, d’une déclaration douanière et d’une preuve de domiciliation bancaire.
Le dispositif prévoit également un engagement de rapatriement des devises ainsi qu’une autorisation délivrée par le ministère chargé des Mines. Seules les sociétés minières industrielles et semi-industrielles, les comptoirs agréés et, dans le cadre de ses missions, la Banque centrale de la République de Guinée sont habilités à exporter de l’or raffiné.
L’Office guinéen d’expertise de l’or, du diamant et des autres matières précieuses occupe une place centrale dans le processus de contrôle et de certification.
Les opérations de pesée, d’emballage et de scellage doivent être réalisées dans l’enceinte de la raffinerie, en présence des représentants de l’Office, de la Banque centrale, de la Direction générale des douanes, de la Brigade anti-fraude des matières précieuses ainsi que du propriétaire du colis ou de son mandataire.
Une fois scellés, les lots pourront être acheminés vers l’aéroport sous escorte sécurisée. Ils pourront également être conservés dans les caveaux de la raffinerie pendant une période maximale de quinze jours calendaires.
Chaque opération de raffinage devra faire l’objet d’un rapport détaillé. Celui-ci devra renseigner le poids brut reçu, le poids net obtenu après traitement, le degré de pureté, les éventuelles pertes techniques et les références du lot concerné.
Ces données devront être transmises aux structures compétentes, notamment à l’Office d’expertise, à la Banque centrale, aux Douanes et au Laboratoire national de la géologie.
La taxe applicable à la production industrielle ou semi-industrielle sera calculée sur la base du titrage effectivement obtenu et du cours de l’or correspondant au fixing de l’après-midi à Londres, conformément aux principes fixés par le Code minier guinéen.
Aucune autorisation d’exportation ne pourra être délivrée avant le règlement intégral des droits, taxes et frais exigibles. En cas d’écart constaté ou de réajustement du montant dû, l’opérateur concerné disposera de 72 heures pour régulariser sa situation.
Les modalités de répartition des frais liés aux différentes prestations devront être précisées par un arrêté conjoint des autorités chargées des Mines, des Finances et de la Banque centrale.
Au-delà du contrôle administratif, cette réforme traduit la volonté de l’État de mieux suivre les flux d’or, de lutter contre la fraude et d’améliorer la mobilisation des recettes issues du secteur aurifère.
Elle accompagne également la stratégie de transformation locale des ressources minières, présentée par les autorités comme un levier de création de valeur, d’industrialisation et de souveraineté économique.
Précision éditoriale : le texte initial attribue l’ensemble des mesures à un décret lu le 2 octobre 2026, sans en indiquer le numéro. Le décret juridiquement identifiable encadrant l’exportation de l’or raffiné est le D/2026/216/PRG/SGG du 8 juillet 2026. Certaines modalités opérationnelles détaillées dans la publication du 2 octobre devront donc être confirmées à partir du nouveau texte officiel ou de son arrêté d’application.










