Le Tchad veut accélérer la transformation des engagements pris dans le cadre de son plan national de développement en investissements productifs. Dix-sept entreprises ont signé des accords représentant plus de 446 milliards FCFA, selon les informations présentées le 4 septembre 2026 à N’Djamena.
La cérémonie, organisée au siège du ministère chargé des Finances, a réuni les départements du Commerce et de l’Industrie, des Finances et de l’Économie, des représentants du secteur privé, des établissements financiers ainsi que des partenaires techniques et financiers.
D’après les informations de l’Agence tchadienne de presse et d’édition, les projets annoncés pourraient créer environ 7500 emplois directs. Les entreprises concernées interviennent dans l’agro-industrie, l’agriculture, l’élevage, la métallurgie, les matériaux de construction et les télécommunications.
Des engagements liés à Tchad Connexion 2030
Les 446 milliards FCFA annoncés s’inscrivent dans la mise en œuvre de Tchad Connexion 2030, le plan national de développement présenté lors d’un forum organisé les 10 et 11 novembre 2025 à Abou Dhabi.
Ce programme rassemble 268 projets et réformes, organisés autour de 17 programmes. Son besoin global en investissements publics et privés est évalué à environ 30 milliards de dollars à l’horizon 2030.
Le forum d’Abou Dhabi aurait permis de conclure 40 accords représentant 20,5 milliards de dollars d’engagements. Ces montants correspondent cependant à des intentions et accords d’investissement dont la réalisation dépend encore de la structuration technique et financière des projets.
Une convention pour mobiliser les banques
La rencontre de N’Djamena a également été marquée par la signature d’une convention-cadre entre le Conseil national du patronat tchadien, la Chambre de commerce, d’industrie, d’agriculture, des mines et de l’artisanat et l’Association professionnelle des établissements de crédit du Tchad.
L’accord vise à améliorer l’accès des entreprises au financement bancaire. Les établissements financiers demandent notamment des projets économiquement viables, des marchés clairement identifiés, des flux suffisamment sécurisés et des mécanismes de garantie adaptés.
Les autorités veulent ainsi rapprocher les investisseurs, les banques et les institutions publiques afin de faciliter le financement des projets annoncés.
Le défi de la concrétisation
À ce stade, les sources consultées ne publient ni la liste complète des 17 entreprises, ni la répartition des 446 milliards FCFA entre les différents projets. Aucun calendrier détaillé de décaissement ou de réalisation n’est également communiqué.
Le montant annoncé ne doit donc pas être présenté comme un financement déjà mobilisé ou intégralement investi. Il correspond à la valeur globale des accords d’investissement présentés par les autorités.
L’enjeu sera désormais de mesurer les décaissements effectifs, l’avancement des projets et les emplois réellement créés. Les autorités demandent également aux investisseurs de privilégier le recrutement et la formation des jeunes Tchadiens, le transfert de compétences ainsi que les fournisseurs et sous-traitants locaux.
La portée économique de ces accords dépendra ainsi de leur transformation en unités de production, infrastructures et activités durables.









