Le déploiement de Starlink au Sénégal se retrouve au centre d’un contentieux majeur. Selon plusieurs médias sénégalais, la Cour suprême a ordonné, le 7 septembre 2026, la suspension provisoire de l’autorisation permettant à la filiale de SpaceX de fournir un accès fixe à Internet par satellite.
La décision serait intervenue en référé, dans l’attente de l’examen au fond d’un recours pour excès de pouvoir. Elle ne correspond donc pas à une annulation définitive de l’autorisation.
L’ordonnance n’ayant pas été rendue publiquement accessible dans les sources consultées, ses conséquences sur les abonnements existants, la commercialisation des kits et la continuité du service restent à préciser.
Une autorisation de cinq ans contestée
Le recours porterait sur l’arrêté ministériel nº 038974 du 6 novembre 2025, qui aurait accordé à Starlink Sénégal SUARL une autorisation de cinq ans.
Devenu disponible dans le pays en février 2026, Starlink était notamment présenté comme une solution complémentaire pour connecter les zones insuffisamment couvertes par les réseaux terrestres. L’État avait également annoncé un projet d’acquisition de 5 000 kits à des conditions préférentielles.
Sonatel conteste cependant les conditions d’entrée de Starlink sur le marché. L’opérateur historique met en avant les obligations attachées à sa licence notamment la couverture du territoire, la qualité et continuité du service, la contribution au service universel et paiement de différentes redevances.
Selon les arguments rapportés par la presse, Sonatel affirme avoir engagé 100 milliards FCFA pour le renouvellement de sa concession et les fréquences 4G, auxquels s’ajoutent 34,5 milliards FCFA pour les licences 5G.
Le défi de l’équité réglementaire
Le dossier confronte deux modèles différents. Sonatel investit dans des infrastructures terrestres, tandis que Starlink fournit Internet grâce à une constellation de satellites en orbite basse.
La question n’est donc pas nécessairement d’imposer des règles identiques, mais de garantir des obligations équitables en matière de fiscalité, de couverture, de protection des consommateurs et de contribution au développement numérique.
Un cadre trop contraignant pourrait ralentir l’arrivée de solutions capables de réduire la fracture numérique. Un régime jugé trop favorable aux nouveaux entrants pourrait, en revanche, décourager les investissements dans les réseaux nationaux.
La décision de la Cour suprême reste provisoire et ne préjuge pas de l’issue du recours. Elle oblige néanmoins le Sénégal à clarifier les conditions dans lesquelles les fournisseurs satellitaires peuvent concurrencer les opérateurs traditionnels.
L’enjeu dépasse ainsi le seul cas de Starlink ; il s’agit de permettre l’innovation tout en préservant la sécurité juridique, la transparence et l’équilibre du marché sénégalais des télécommunications.










